Libération de Méounes 2019

« […] Je prends la parole pour la première fois comme Maire de notre Commune et je suis conscient de l’honneur qui m’est fait de par la volonté de Philippe DROUHOT.

 

Je mesure combien il me manque mais je suis sûr qu’il est à mes côtés, dans nos cœurs et nos esprits. Comme il l’a toujours fait, nous célébrons ensemble la Libération de Méounes.

 

Ce n’est pas qu’une obligation liée à la fonction, c’est l’accomplissement d’un devoir, d’une volonté de défendre notre démocratie et nos valeurs.

 

L’irrespect de ces valeurs, l’incivisme quotidien, la violence menacent notre Société, mais aussi notre tranquillité dans nos villages, au milieu de nos champs, nos bois, nos forêts,  nos rivières et nos ruelles.

 

La mort atroce de Jean Mathieu Michel (dit Jeannot) maire de Signes nous a rappelé cruellement que notre paix peut être menacée. Nous avons tous un devoir de mémoire pour ceux qui ont donné leur vie pour que la notre soit plus belle, pour que la paix règne parmi les hommes, pour que la liberté, l’égalité, la fraternité ne soient pas que des mots sur les murs et les façades mais soient les fondements de nos actions et de nos vies, de nos devoirs et de nos droits.

 

Des hommes ont surmonté leur peur, ont donné leur sang, sacrifié leur famille, pour résister à la tyrannie, nous avons le devoir de protéger leur héritage et honorer leur mémoire.

 

Les Soldats et les Résistants qui ont libéré la France, libéré Méounes se sont battus pour ces principes avec l’espoir que leur sacrifice ne serait pas vain.

 

Août 1944, c’est hier mais c’est aussi aujourd’hui et c’est aussi demain.

 

Je voudrais que l’on se souvienne de tous ces Soldats et Résistants, de toutes origines ou religions, de toutes appartenances politiques, natifs de toutes les régions de la France martyrisée, qui ont combattu pour la liberté contre l’oppresseur nazi.

 

Mon beau père Pierre JUAN fut un de ceux-là et je tiens à honorer son souvenir, il était trop humble et discret pour que je le fasse de son vivant. Il faisait partie de ces Soldats Français d’Afrique du Nord, fiers d’être Français.

 

Parti de son village Fort de l’Eau (près d’Alger), il débarqua sur les plages du Dramont  avec des milliers de camarades pour libérer sa patrie la France. Au volant de son halftrack, il remonta des plages, pour la libération de nos villages du Var et jusqu’en Allemagne pour la reddition des nazis. Combien de ces Français d’Algérie ont perdu la vie et ont mouillé de leur sang, avec les millions d’autres français ou étrangers, le sol de notre pays.

 

Célébrer la Libération c’est aussi avoir la mémoire de l’histoire de notre village pour ces jours glorieux des 17, 18 et 19 août 1944, et pour les drames qui s’y déroulèrent.

 

Le comité départemental de libération du Var, qui était basé à Toulon, confia au chef départemental FFI, le capitaine

SALVATORI, le soin de mettre en place les bases d’un maquis proche de Toulon, pour intervenir rapidement le jour où l’ordre de mobilisation serait reçu…  Près de 4 à 500 maquisards de Toulon et des environs se rassemblèrent aux emplacements prévus (ferme de Siou Blanc, citerne du gouvernement, Valbelle et Fiéraquet).

 

La situation devient critique car le débarquement n’eut pas lieu en juin 1944. Le groupe de jeunes gens des FUJ fut intercepté lors de sa descente par les Allemands sur la commune de Saint Anne d’Evenos. Huit prisonniers furent fusillés le 17 juin à l’aube à la Rouvière, sur la commune du Castellet.

 

Deux autres maquisards furent tués dans les bois de Méounes le 20 juin. Un jeune inconnu fut abattu le 18 juin lors du nettoyage du bois de Valbelle/Montrieux ainsi que Roger LOUIS.

On ne peut pas célébrer la libération de Méounes sans honorer la mémoire  de nos Méounais Ernest CHIAPPERO dit Néness et Edouard FOUQUES.

 

Néness avait en août 2014 livré son témoignage dans le journal Var Matin. Il se souvenait que les alliés avaient débarqué le 10 août 1944 et que les Allemands « sentaient venir le vent quittant Méounes en 3 jours ».  Il se rappelait que les troupes américaines le 17 août passent à Méounes vers 15 heures, 600 à 700 soldats traversent le village à pied, et seront accrochés par les Allemands à La Roquebrussanne, 2 soldats tués.

 

Le 19 août, la Compagnie française 651/1 arrive à Méounes et prend ses quartiers dans une ferme au sud du village.

 

Neness et Edouard Fouques, le 19 août 1944 mèneront les alliés aux portes de Valbelle pour prendre les Allemands à revers par le Revest.

 

Après sa mission, Néness s’engagera avec un autre Méounais Marius GILLES. Au volant d’un blindé, il participera à la libération de Strasbourg le 22 novembre.

 

Je voudrais terminer par ces mots du Général de Gaulle  figurant en préface du Mémorial des compagnons de la libération.

« Votre exemple est aujourd’hui, la raison de notre Fierté.

Votre gloire sera, pour jamais, la compagne de votre espérance »

[…]

 

Et avec Philippe et en son honneur

Que vive Méounes !

Extrait du discours du 19 Août 2019

de M. Jean-Martin GUISIANO,

Maire de Méounes-les-Montrieux