Un peu d'histoire

Pourquoi "Méounes"?

Datant de l'époque gallo-romaine, le terme de "Méounes" viendrait du celte "Mel", nom désignant les belles collines boisées du territoire puis, à la vue d'une abeille butinant sur les romarins sauvages, les romains auraient nommé le lieu "Melna" qui signifiait alors miel ou déesse mellifère.

"Les Montrieux" littéralement "mons" (montagne) rivus (ruisseau)" tirent leur nom des nombreux ruisseaux qui parcourent les collines.

Origine Gallo-romaine

Bien avant l'implantation du village, le territoire de Méounes était défriché pour le développement de cultures. Les premières traces d'implantation du territoire de Méounes remontent à l'époque Gallo-romaine. Il existe de nombreux vestiges d'habitations gallo-romaines disséminées aux alentours de st Lazare. Il reste entre autre la pierre d'un autel païen dédié à Jupiter au 1er siècle.

Le site ensoleillé présente de nombreux avantages pour l'époque. La forêt domaniale offre du bois pour la construction, le chauffage. Les sources et les cours d'eau sont abondants. Méounes est un lieu privilégié d'implantation, à flanc de colline, à l'abri du vent.

Au 1er siècle, les Romains apportent la vigne et l'olivier en Provence.

Aujourd'hui, quelques "restanques" et oliviers sauvages témoignent des cultures en terrasse qui sculptaient les collines autrefois.

Malgré son accès difficile, "vallée étroite, profonde et sombre", l'absence d'un grand axe de circulation, le village se développe, à l'abri du progrès mais aussi des grands dùésordres qui ont marqués l'histoire. La quiétude du village est protégée. Bois de la forêt, eau de la source, chasse, pêche, les gens de Méounes vivent "tranquillement", presque en autarcie.

Au Vème siècle, la chapelle St Lazare aujourd'hui restaurée en habitation privée est édifiée sous Clovis.


Moyen-âge

Entre le départ des Romains et le haut Moyen Age peu de changements marquent la Provence.

Au début du XIXème siècle, le castellum de Méounes voit le jour. Edifié au sommet de la colline (aujourd'hui disparu), il protège les habitations qui se développent le long des courbes de niveaux, en contrebas, jusqu'à atteindre la vallée du Naï. Le village se fortifie pour devenir un "castrum": une agglomération dans laquelle "les maisons se touchent".

La chapelle St Lazare reste la chapelle paroissiale jusqu'en 1219, date de la construction d'une nouvelle église, dans l'enceinte féodale: Notre-Dame de Méounes. La chapelle Saint Lazare est abandonnée, condamnée à n'être plus qu'un lieu d'ermitage.

Le territoire est alors sous la responsabilité des évêques de Marseille, le castellum appartient à l'église de Marseille du XIIème siècle jusqu'à la Révolution; 1683, "Méounes est une simple châtellerie dont l'évêque de Marseille est seigneur temporel, que la direct universelle lui appartient, qu'il en possède la pleine juridiction" (réponse de la commune à l'enquête du Parlement).

Au XIème siècle, les Bénédictins de Marseille reçoivent la propriété de Montrieux le Vieux où ils édifient un monastère qui renferme encore aujourd'hui 13 moines vivant sur le modèle de l'ermitage.

La volonté parlementaire ou seigneuriale apparaît à Méounes dès le XIIème siècle. Des écrits témoignent de l'existence d'un consul dès 1174.



Méounes face à la peste

Décembre 1347: des vaisseaux génois introduisent la peste à Marseille, l'épidémie se développe avec une rapidité foudroyante.

Le village de Méounes est quant à lui protégé à l'intérieur de ses enceintes. L'accès est règlementé, des mises en quarantaines effectuées ;

les habitants sont relativement épargnés par les épidémies.

Le XVIIème siècle - Métamorphose du village

Le village compte alors 610 âmes.

Jusqu'ici la commune garde un esprit de particularisme féodal. L'activité est essentiellement agricole, la localité vit des produits du terroir.

Une industrie naissante se réveille dans toute la Provence. A Méounes, elle reste modeste: moulin à farine, moulin à l'huile, plâtre des Tuileries, papeteries le long du Gapeau (3 moulins à papier en 1635), usine à Sumac.

L'industrie est en effet largement dépassée par le commerce. Foires et marchés se développent. Trocs, échange, vente, l'émulation est grande, le brassage de population important, le village sort un peu de son isolement.


Renaissance

Alors que la Provence a été décimée par les pillages et les épidémies, le village de Méounes semble protégé par ses collines, son bon air et son isolement.

Le 11 décembre 1481, le roi de France hérite de la Provence. La Provence devenait française.

Le village prend une nouvelle forme, un nouveau centre se développe, le tracé de la voie royale suit l'ancienne voie romaine élargie. Une nouvelle chapelle, Saint Michel est construite pour des raisons démographiques d'une part, et d'autre part pour recentrer ce lieu de culte au sein du village.

XVIème, Méounes subit à nouveau une forte démographie, la chapelle Saint Michel (aujourd'hui lieu de conférence) devient trop petite, on construit en 1540 une nouvelle église en contrebas, l'église Saint Eutrope qui prend son visage actuel en 1682.


Le XIXème siècle

De nombreuses activités témoignent de la vie autonome et dynamique du village:

2 papeteries, une fabrique de spiritueux, une tannerie, 2 fabriques de drap, 1 usine à Sumac, 1 aubergiste, 2 bouchers, 4 boulangers, 5 cafetiers, 4 coiffeurs, 3 cordonniers, 6 épiciers, 3 maçons, 3 menuisiers, 2 maréchaux-ferrants, 2 tailleurs, 1 quincaillier, 2 tailleuses, 1 tuilerie, 1 tonnelier, 2 moulins à farines qui utilisent la force motrice de la Lône... On recense alors 1239 habitants en 1825.

De nombreux aménagements sont entrepris au sein du village:

  • 1825, premier bassin à l'emplacement de la source place de l'Eglise, transformé en fontaine avec jet d'eau en 1837
  • 1836, fontaine des 4 saisons place des écoles
  • 1848-1850, plantation des 1ers platanes
  • 1856-60, travaux de la rue Neuve future route Brignoles-Toulon

Le XXème siècle

De nouveaux équipements font leur apparition au cœur du village.

A la fin du siècle, la scolarisation des enfants devenue obligatoire, la municipalité installe les premières grandes écoles communales des Filles et des Garçons en 1904, place de l'Ormeau. Elles seront déplacées route de Brignoles avec la mairie en 1951.

L'installation de l'électricité en 1904 fut une première révolution; la seconde suivit quelques années plus tard en 1934 avec l'installation des premiers égouts.

Dès 1925, les premiers règlements automobiles concernant la vitesse et le stationnement apparaissent. En 1971, on compte déjà 7500 voitures/jours en saison estivale sur la route nationale. Aujourd'hui, la circulation est de 10000 véhicules/jour.