voeux 2016

Voeux 2016

Extraits du discours des vœux de 2016 de Philippe DROUHOT

 

Je commencerai par quelques remerciements.

Mes premiers remerciements vont aux Maires de notre Communauté de Communes du Val d’Issole qui vit sa dernière année ; pour le moment je n’ai pas de certitude sur le devenir de Méounes, mais j’y reviendrai tout à l’heure. Depuis deux ans, je vous côtoie, j’échange et je travaille avec vous, nous ne sommes pas toujours d’accord mais nous construisons ensemble. Le parcours d’un individu, quelles que soient ses responsabilités, est fait d’expériences, de rencontres et d’enrichissement (je parle ici de l’esprit !). Depuis deux ans, avec vous, j’apprends et je m’enrichis ; je vous remercie tous les sept, très sincèrement. Et si d’aventure nos avenirs communautaires devenaient distincts, j’espère que vous continuerez d’honorer de votre présence cette cérémonie des vœux.

Dans la catégorie « élus », j’adresse également mes remerciements à l’entier Conseil Municipal pour son engagement et je veux souligner le travail du groupe majoritaire, simplement parce que je l’identifie mieux. Ce travail est important, riche d’idées et d’actions et c’est finalement le manque de moyens financiers et les complexités juridico-administratives qui empêchent notre village d’avoir plus, et plus vite, de services améliorés ou nouveaux et d’équipements complémentaires.

Ensuite j’adresse mes remerciements aux employés de la commune. J’aime marteler les évidences, les vérités; par mes activités professionnelles je connais d’autres administrations et je peux comparer. Méounes a la chance d’avoir des équipes municipales engagées, volontaires, empreintes d’un réel sens du service public et force de proposition pour améliorer les services que nous assurons. Je remercie et félicite donc tous les employés de la commune et je remercie et félicite Pascale Penven qui dirige l’ensemble des services.

En suivant, je remercie les responsables et membres des associations et plus généralement tous les bénévoles pour leur dynamisme, leurs idées et leurs actions. Je ne vais pas ici égrener les actions 2015, vous ne pouvez plus les ignorer puisque l’amélioration de nos supports de communication, j’y reviendrai, permet de toutes les connaître, au fil de l’eau. Je leur adresse mes remerciements et exprime ma reconnaissance : il n’existe pas de village animé, « vivant » sans tissu associatif actif et sans bénévole. Merci pour la belle année 2015 que vous nous avez fait vivre. Je veux quand même porter à l’attention de tous trois faits particuliers : l’intervention de Christel Jaen au sein de notre école sur la prévention des risques en milieu scolaire, c’est une action qu’elle mène professionnellement sur l’aire toulonnaise dont elle a fait bénéficier, bénévolement, les jeunes Méounais ; Yoann Lerevenu, primé au concours national de la résistance et de la déportation et enfin Magalie Roubaud qui a reçu le diplôme de « femmes bénévoles en milieu rural » en décembre à Draguignan pour le niveau et la constance de son engagement dans les associations et la vie de la commune.

Enfin je remercie l’ensemble de nos partenaires qui permettent d’assurer des services de qualité, c’est normal nous sommes sous contrat, mais je les remercie surtout pour leur réactivité et leur capacité à traiter les imprévus, à assurer la continuité du service, tout ce que le contrat ne prévoit pas forcement.

2015 a été une année particulière. Nous étions réunis ici il y a un an presque jour pour jour au lendemain d’un évènement dramatique qui secoua le pays. A ces premiers actes innommables en ont succédé d’autres, plus amples, plus prégnants, plus définitifs, en novembre dernier qui ont conduits à l’instauration de l’état d’urgence. Depuis, en continuant de vivre, de sortir, d’organiser des manifestations ou d’accompagner les organisateurs de manifestations, nous démontrons notre refus de la peur que les terroristes voudraient voir régner chez nous. Mais il faut rester prudent, vigilants et solidaires.

Ainsi, à Méounes et dans de nombreuses autres communes, se déroulent les cérémonies des vœux, qui sont un moment privilégié de la vie du village, un moment de partage, un moment attendu, qui démontre que même dans l’adversité, on peut, on doit avoir un bilan et des perspectives.

Je parle d’adversité car, au-delà des drames et atrocités évoqués, les évènements contraires n’ont pas manqués en 2015 :

La baisse des dotations de l’Etat, désormais connue de tous, entamée en 2014 poursuivie et amplifiée en 2015 pour atteindre son régime de croisière jusqu’en 2017. En 2015, c’est pour Méounes une diminution de 32 000 € de ses recettes, si on ajoute la baisse 2014, le « manque à gagner total 2015 est de 57 000€.

Si l’on ajoute, ou plutôt on soustrait, les baisses des aides apportées par les autres collectivités, Conseil Départemental et Conseil Régional, qui sont confrontés aux mêmes situations, c’est à une véritable paupérisation des communes à laquelle nous assistons.

Pendant ce temps, l’Etat nous impose de nouvelles missions comme les Nouvelles Activités Périscolaires auxquelles nous avons mis un contenu depuis la rentrée 2015/2016 ou comme l’Application du Droit des Sols (permis de construire et autres démarches urbanistiques) que nous assurons désormais puisque l’Etat s’est désengagé.

A ces nouvelles missions correspondent de nouvelles dépenses qui ont été honorées sans augmentation d’impôts, et/ou sans participation financière des parents.

Une fois ces pertes de recettes/ nouvelles dépenses prises en compte, je pensais bénéficier d’un répit : eh bien non le pire était à venir !

Après l’été, le Conseil d’Administration du Service Départemental d’Incendie et de Secours du Var (les sapeurs-pompiers) nous informait d’une nouvelle répartition de la participation des communes. Si le rôle du SDIS est primordial et qu’il faut louer l’action des sapeurs-pompiers, le fonctionnement général est sans doute améliorable et le nouveau mode de financement tout à fait contestable.

Lorsque j’ai reçu ce courrier avec la nouvelle participation pour Méounes, j’ai commencé par choir sur la partie la plus charnue de ma personne. Ensuite, j’ai pensé que les « experts » qui avaient planché sur le sujet étaient frappés de dyscalculie, sauf qu’une dyscalculie collective et convergente cela n’existe pas. Je me suis alors intéressé au mode de calcul qui repose sur deux éléments : la Dotation Globale de Fonctionnement et la population.

D’une part la DGF est calculée, pour partie, en fonction de la population ; c’est donc deux fois le même paramètre qui est utilisé, ce qui conduit à l’invariabilité du résultat. D’autre part on ajoute à cette DGF, la Dotation de Solidarité Rurale destinée à compenser la faiblesse des revenus des communes rurales. En clair cette nouvelle répartition conduit à faire payer plus les plus pauvres, les communes rurales, et moins les plus riches, essentiellement les communes côtières. J’étais persuadé qu’un tel système avait disparu depuis plus de deux siècles !

Pour qu’une répartition soit juste elle doit tenir compte de l’ensemble des recettes des communes dont fiscales. Mais on nous dit qu’il n’est plus possible de les connaître avec la Fiscalité Professionnelle Unique. Qu’à cela ne tienne, puisque l’on nous propose une répartition d’un autre âge, inique, je propose d’utiliser la canne carrée, le panal, le picotin et le pan de goué carrée pour connaitre la richesse réelle de chaque commune. Plus sérieusement, Pour Méounes la participation était de19k€ en 2015, elle sera de 39k€ en 2016, puis 58k€ en 2017 et enfin 77k€ en 2018 et les années suivantes, c’est insupportable et nous serons dans l’incapacité d’honorer une telle dépense à partir de 2017. Le Conseil Départemental, qui pour l’essentiel préside aux destinées du SDIS, doit revoir « sa copie » et ne pas prendre le risque d’opposer zones rurales et zones côtières.

C’est donc dans ce contexte financier contraint que s’est déroulé 2015 et que se déroulera 2016.

En 2015, cela n’a pas empêché l’amélioration des services et la réalisation des projets.

J’avais annoncé la mise en place d’un contenu pédagogique aux Nouvelles Activités Périscolaires : c’est fait à travers un contrat avec l’ODEL Var pour les primaires et avec nos ATSEM pour les maternelles. C’est un engagement tenu.

J’avais annoncé la création d’une page Facebook : à notre dispositif d’information déjà complet, nous avons ajouté des panneaux d’information, 14 au total réalisés par notre équipe technique et disséminés sur tout le village et nous avons créé la page Facebook de la commune qui permet de relayer, quasiment en temps réel, les différentes informations factuelles. J’imagine que vous êtes tous connectés ! C’est un engagement tenu.

J’avais annoncé le début de la phase active de la révision du PLU et la création d’une commission de réflexion ouverte. Je veux remercier ici ceux qui ont participés à cette commission, il y en a dans la salle, le travail a été riche, intéressant et la plupart des propositions faites figureront dans le Plan d’Aménagement et de Développement Durable, qui est la prochaine étape. C’est un engagement tenu.

J’avais annoncé la réhabilitation de la rue de l’Anglade : les travaux ont été réalisés au printemps. C’est un engagement tenu.

J’avais annoncé la rénovation du Forum : les travaux sont en cours, la livraison est prévue au second trimestre et même si les opérations de repli des activités concernées n’a pas été un long fleuve tranquille, la bonne volonté et la compréhension des associations a permis le maintien de l’ensemble des activités. C’est un engagement tenu.

J’avais annoncé le démarrage du projet de réhabilitation des voies et chemins : même si rien n’est encore apparent le programme a débuté avec la désignation du Maitre d’œuvre et le travail de diagnostic. Et c’est volontairement que nous ne sommes pas allés plus vite pour lier le programme à la réflexion menée sur la circulation dans le cadre de la révision du PLU. Néanmoins, c’est un engagement tenu.

D’autres actions sont venues améliorer notre cadre de vie que l’on ne peut pas toutes énumérer, je cite toutefois l’électrification, les bornes foraines, de la place de l’église qui permet d’accueillir en toute sécurité « électrique » les manifestations, ce projet a été piloté par Erwan, conseiller municipal et réalisée exclusivement par des entreprises Méounaises.

Ces efforts pour toujours mieux vivre à Méounes se poursuivront en 2016 :

Une Maison de Services au Public fonctionnera en 2016, elle sera hébergée dans le local de la poste.

 

La révision générale du PLU se poursuivra et même si elle ne sera pas forcement terminée, il y a toujours en fin de parcours des délais administratifs très long, tous les documents techniques seront produits et vous aurez une vision claire de l’aménagement du village pour les années futures.

Dans quelques jours naitra le Conseil Municipal des Jeunes, c’est une action à laquelle nous tenons.

Aux premiers jours du printemps, nous mettrons à disposition des habitants les jardins solidaires. Ce sera d’abord un lieu pour cultiver un lopin de terre, prioritairement pour ceux qui n’en ont pas mais ce sera également un lieu d’échange, de partage, de solidarité et de respect de règles communes, une école de la vie « rurale » en quelque sorte.

Très rapidement également, deux panneaux d’information lumineux viendront compléter notre très large dispositif de communication. Il restera malgré tout quelques personnes qui se plaindront de ne pas savoir ce qui se passe au village, que je continuerai d’écouter mais plus forcément d’entendre.

Nous débuterons en 2016 l’installation d’une vidéo surveillance. Je fais cette annonce sans risque car en fait nous sommes prêts, les consultations ont été réalisées mais nous sommes éligibles à une subvention à condition de ne pas démarrer la réalisation avant d’avoir la réponse. Nous avons déposé notre dossier de demande au début de l’été dernier, c’est long mais on ne peut pas négliger cette subvention puisqu’elle peut représenter presque la moitié de la dépense.

Deux programmes majeurs débuteront cette année mais s’étaleront sur une période assez longue. C’est d’une part la création d’une deuxième ressource en eau pour la commune et d’autre part la rénovation de la filière d’assainissement collectif, principalement parce que notre station d’épuration est obsolète.

Nous poursuivons notre travail sur les autres projets : le parking en cœur de village, les jardins de la Planque, la cave coopérative, les portes de l’église, la plaine sportive, le développement de l’attrait touristique et de nombreux autres projets en gestation pour lesquelles je confirme notre volonté de les faire aboutir mais je ne m’engage pas aujourd’hui sur des délais de réalisation d’abord parce que point trop n’en faut pour garder votre attention et parce que le budget 2016 est en cours de construction et qu’il priorise, en fonction de nos moyens, les différents projets.

A propos du budget 2016 je confirme que nous sommes animés de la même volonté qu’en 2015 de ne pas augmenter la part communale des impôts locaux. L’année dernière je l’avais annoncé dès la cérémonie des vœux, pour 2016 j’ai bon espoir, très bon espoir mais je ne suis pas catégorique.

Au-delà de la poursuite de toutes ces actions, 2016 sera une année particulière pour Méounes, une année cruciale, capitale pour l’avenir du village, pour notre avenir. A deux motifs.

Le premier motif c’est la révision générale du PLU que j’ai déjà évoquée déterminera le développement de la commune pour au moins les dix prochaines années, c’est un document, un outil, majeur.

Le deuxième motif c’est le nouveau schéma de cohérence territoriale qui place Méounes au sein de la Communauté d’Agglomération de la Provence Verte. Vous avez tous lu ou entendu mes doutes, mes inquiétudes, mes craintes et nos volontés.

Aujourd’hui les communes concernées se sont majoritairement prononcées pour le périmètre de la Provence Verte donc en principe Méounes intègre ce dispositif au premier janvier 2017. En fin d’année dernière, j’ai rencontré le Préfet qui n’est pas fermé à notre demande d’intégration à la Communauté de Communes de la Vallée du Gapeau et qui possède les outils juridiques pour permettre cette intégration à cette même date du 1er janvier 2017.

Aujourd’hui donc les deux voies semblent ouvertes. Mais rien n’est figé, rien n’est décidé et il n’y a pas lieu d’agir dans la précipitation ; je reviendrai vous informer de l’évolution de cette intégration.

Que demain Méounes soit là où il souhaite aller où là on lui impose d’aller, nous nous impliquerons forcement de la même manière, complètement et avec conviction, dans l’intérêt de la structure que nous intégrerons et dans l’intérêt de notre village.

Ce tournant décisif à prendre ne doit pas être une source d’inquiétude ou d’ennui pour vous, c’est à nous élus d’en assumer la lourde, très lourde, responsabilité. Si, à la fin du processus, vous avez à minima les mêmes services, si vous bénéficiez de la même proximité et si vos impôts locaux n’ont pas lourdement augmentés, bref si, en quelque sorte, c’est transparent pour vous, c’est que nous aurons réussi.

Nous aurons réussi à préserver vos intérêts et à préserver le bien vivre à Méounes.

Et c’est dans ce cadre du bien vivre à Méounes que nous défendons, que je vous adresse, avec sincérité et envie, en mon nom et au nom du Conseil Municipal, mes meilleurs vœux de bonheur, de santé et de prospérité pour l’année 2016.

En se souvenant qu’il est toujours plus sage et plus sûr de chercher le bonheur dans ce que l’on possède plutôt que dans ce que l’on convoite.

Et que vive Méounes !

Merci.

                                                                                                                                                                    Philippe DROUHOT, maire de Méounes-les-Montrieux